PGIRE : un choix de société qui ne peut pas être décidé à huis clos

Par
Valérie Michaud (synthèse des textes originaux fournis par le Mouvement écocitoyen UNEplanète)
May 28, 2026

PGIRE : un choix de société qui ne peut pas être décidé à huis clos

Le futur énergétique du Québec mérite un vrai débat public 

Le gouvernement du Québec prépare actuellement le tout premier Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques (PGIRE), un document qui orientera les choix énergétiques du Québec jusqu’en 2050. Pourtant, malgré l’importance majeure de ce plan pour notre avenir collectif, les organisations signataires de trois tribunes dénoncent un processus opaque, précipité et insuffisamment démocratique.

Le PGIRE influencera pendant des décennies nos infrastructures, notre économie, notre rapport au territoire, le coût de l’énergie, la protection des milieux naturels et notre capacité à lutter contre les changements climatiques. Or, les informations rendues publiques jusqu’à maintenant sont fragmentaires, incomplètes et souvent orientées. Plusieurs experts et même la Régie de l’énergie ont soulevé d’importantes lacunes dans les documents préliminaires déposés par le gouvernement. Les organisations demandent donc que le gouvernement prenne le temps nécessaire pour revoir le processus, permettre un véritable débat public et assurer une évaluation rigoureuse et transparente des choix envisagés.

Le gaz naturel : l’éléphant dans la politique énergétique du Québec 

Les groupes signataires s’inquiètent particulièrement de la place importante que le gouvernement semble vouloir accorder au gaz naturel dans la transition énergétique. Le scénario actuellement envisagé prévoit notamment le recours accru au gaz pour le transport lourd, pour le chauffage lors des périodes de pointes de consommation électrique et pour plusieurs usages industriels. Pourtant, cette orientation risque de prolonger la dépendance du Québec aux énergies fossiles pendant plusieurs décennies.

Le gouvernement mise aussi fortement sur le gaz naturel renouvelable (GNR) et sur certaines technologies encore incertaines, comme la séquestration du carbone. Or, plusieurs spécialistes estiment que ces solutions ne pourront pas être déployées à l’échelle nécessaire, en raison de limites physiques, économiques et écologiques importantes. Selon les organisations signataires, continuer à protéger et maintenir le réseau gazier pourrait retarder la véritable décarbonation du Québec plutôt que l’accélérer. Elles demandent donc une conversation honnête sur l’avenir du gaz naturel, incluant les impacts pour les travailleurs et travailleuses, les communautés et les industries concernées.

La sobriété énergétique : une voie de passage pour la transition 

Nous soulignons également qu’il sera impossible d’atteindre la carboneutralité uniquement en construisant toujours plus d’infrastructures énergétiques. Les mégaprojets envisagés — barrages, éoliennes, lignes de transport, biométhanisation, hydrogène — soulèvent déjà des enjeux majeurs de coûts, d’acceptabilité sociale, de protection des territoires, de respect des droits des peuples autochtones et de disponibilité de la main-d’œuvre.

C’est pourquoi les organisations réclament que la sobriété énergétique devienne le pilier central du PGIRE. La sobriété ne signifie pas un retour en arrière ou une diminution de la qualité de vie. Elle consiste plutôt à réduire le gaspillage, repenser certains modes de consommation et développer des milieux de vie à échelle humaine et moins énergivores. Cela passe notamment par le transport collectif et actif, des quartiers complets, des bâtiments performants et une économie davantage orientée vers le bien-être collectif plutôt que vers la surconsommation.

En somme, les 21 signataires rappellent que les choix énergétiques sont avant tout des choix de société. Ils demandent un PGIRE fondé sur la science, la justice sociale, la protection des territoires, la démocratie et une transition réellement compatible avec les limites écologiques de la planète.

Lire les 3 textes dans leur intégralité sur le site de la revue À bâbord !

1. Le premier Plan de gestion intégrée des ressources énergétiques du Québec ne doit pas être bâclé

2. Le gaz naturel : l'éléphant dans la politique énergétique du Québec

3. La sobriété énergétique : une voie de passage de la transition énergétique

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Les signataires représentent 21 organisations de la société civile engagées dans la transition énergétique, respectueuse des écosystèmes, juste et démocratique :

Bruno Detuncq, Regroupement vigilance énergie Québec (RVÉQ)

André Bélanger, Fondation Rivières

Jean-Pierre Finet, Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEÉ)

Yolande Henry, Transition écologique La Pêche

Jean Paradis, Fondation Coule pas chez nous

Karl Janelle, Coalition climat Montréal

Lucie Mayer, Action-environnement Basses-Laurentides

Martin Legault, Mouvement d’action régional en environnement (MARE)

Stéphanie Pelletier, Mères au front

Martin Poirier, Rimouski en transition

Claudia Fiore-Leduc, Réseau québécois de l’action communautaire autonome, RQ-ACA

Carol Saucier, Solidarité Gaspésie

Jacques Benoit, GMob (GroupMobilisation)

Lucie Sauvé, Collectif scientifique sur les enjeux énergétiques au Québec          

Claude Vaillancourt, Attac Québec  

Sylvie Berthiaume, Solidarité Environnement Sutton

Chloée Guillette, Demain Verdun

Carole Dupuis, Mouvement écocitoyen UNEplanète

Emmanuel Cosgrove, Écohabitation

Jean-François Lefebvre, Imagine Lachine-Est

Valérie Desormeaux, Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)

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